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Résumé:
Léa a vécu un drame qui a bouleversé sa vie.
Léo écrit à Léa.
Pour lui dire qu'il est là, qu'il pense à elle, qu'à deux on est plus forts.
Et, peu à peu, Léa reprend confiance dans la vie...
Léa, lycéenne, a perdu sa mère dans un accident de voiture. Elle vit désormais chez son père en Charente. Léo, un camarade de classe, lui écrit pour la réconforter. D'abord agressive, Léa se laisse peu à peu aller aux confidences. La correspondance dérive vers le mode amoureux. Et puis Léa fait une fugue. Léo veut la retrouver, a un accident de voiture, passe quelques jours dans le coma, est envoyé à Berck-Sur-Mer pour de la rééducation. Les deux adolescents continuent à s'écrire. Léa apprend que son père ne l'est que par adoption. Elle part en Amérique, sur la promesse de revoir Léo dès que possible.
Extrait de "Je t'attends":
Léa, tendre caillou,
Je n'ose pas y croire, Léa, que tu me parles. Ta lettre, c'est comme t'entendre, et presque te voir. Le papier palpite entre mes doigts, peut-être parce que mes doigts tremblent un peu. C'est comme de recevoir une lettre d'un pays lointain, inaccessible, aux postes improbables, et qui trouve son chemin, jusqu'ici, dans mon Morvant du bout du monde. Ca me plaît que tu manges "des trucs de mecs." Mais je ne dois pas être un vrai mec, parce que le museau vinaigrette...
Moi, je mange comme Clémence-Camille, des tartines, de la salade et de douces omelettes où l'on cache des champignons et des fleurs de pissenlit. C'est sûr que je ne suis pas un mec standard; je l'ai vérifié déjà au collège, tu te souviens? Ni bagarres, ni histoires de cul, ou alors je me force, pour survivre...J'espère que tu n'as pas été dupe, que c'est peut-être ce mec singulier, pas comme les autres, qui a su gagner ta confiance, mais sûrement pas mon côté "premier de la classe." Pour ça, faut pas m'en vouloir, c'est de famille, les gènes...J'ai pas eu le courage de décevoir mon père. Ca viendra peut-être. Mais un père polytechnicien, ça place la barre très haut. Peut-être que je vais réussir à louper mon bac? On verra...
Si tu me fais faux bond à la rentrée, si tu n'es pas là pour boire le café du distributeur avec moi, si tu ne repiques pas tous les exos de math sur mon classeur juste avant les cours, et surtout, surtout si tu rentres pas avec moi, avec un petit détour au
Napoléon-III pour un dernier déca, j'ai toutes mes chances de le louper.
Léa, je ne peux pas imaginer la rentrée sans toi. Dis-moi que tu reviendras, dis-moi qu'on s'assiéra encore l'un à côté de l'autre, et qu'on échangera des coups d'oeil, pour les mêmes raisons, exactement au même moment, au cours de Turpin quand il s'emmêlera dans ses expériences de chimie...Et puis non, pardonne-moi. Je ne devrais pas dire ça. Hier soir, mon père à déclré d'un ton sec qu'il n'y avait "pas plus égocentrique qu'un garçon de dix-sept ans." Tout ça parce que j'ai refusé d'aller visiter le musée du Costume à Avallon. Qu'est-ce que j'en ai à foutre d'aller voir des mannequins dans la pénombre, habbillés à la mode du XVIIIe siècle? Je suis resté dans le jardin à lire Simenon. Clémence-Camille est revenue ravie: toutes ces belles robes...
A lire Simenon, et à relire ta lettre.[...]
C'est un livre qui j'ai dévoré en un peu plus d'une heure, acheté par hasard, comme cela, une après-midi ou j'avais envie de "nouveau", je l'ai commencé dès mon arrivée chez moi, je l'ai de suite adoré, je n'arrivais plus à le lacher, du coup, tout à été lu en une fois ^^
Françoise Grard et Thierry Lefèvre se sont vraiment écrit. A chacun son personnage, et la liberté de faire rebondir l'histoire, sans plan prévu, avec dans leurs mains et sous leur plume le destin de Léa et Léo. C'est une belle, une très belle idée. D'où naît un roman fort, qui ne peut que se lire très vite, suspendu aux mots de l'autre, dans l'attente de sa réponse, seule bouée possible à un âge où tout bascule.
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